Pheidole pallidula : Fondation claustrale, défis et stratégies de chasse
Publié le 2006-02-08
Pheidole pallidula, espèce réputée pour son dimorphisme prononcé et son tempérament combatif. Ce petit récit photographique documente les débuts d'une fondation et met en lumière une scène de prédation sur une larve de ténébrion.
La fondation claustrale chez Pheidole pallidula
Chez Pheidole pallidula, l'établissement d'une nouvelle colonie est typiquement monogyne, initié par une reine unique après l'essaimage. Une fois fécondée, la reine s'isole dans une loge de fondation où elle dépose ses premiers œufs. Durant cette période de claustration, elle ne s'alimente pas, puisant dans ses réserves corporelles (graisses et muscles alaires résorbés) pour élever sa première génération d'ouvrières, les nanitics. Ces dernières se distinguent par une taille généralement inférieure à celle des ouvrières des générations suivantes.
Les défis d'une jeune colonie
Les colonies naissantes sont particulièrement vulnérables. La survie de la reine repose sur ses réserves énergétiques jusqu'à l'émergence des premières ouvrières, qui prendront ensuite en charge l'approvisionnement. Des facteurs environnementaux défavorables, tels qu'une perturbation du nid, une hygrométrie ou une température inadéquates, ou encore une infection fongique, peuvent rapidement s'avérer fatals. Un apport protéique conséquent, dès que les premières ouvrières deviennent actives, est crucial. Il influence directement la croissance de la colonie et la production des nouvelles générations d'ouvrières, incluant les futurs majors, si caractéristiques de l'espèce.
Scène de chasse : des larves de ténébrion au menu
L'introduction de proies vivantes, telles que des larves de ténébrion (communément appelées vers de farine), est assez impressionnant à observer chez Pheidole pallidula.

Un major Pheidole pallidula, identifiable à sa volumineuse capsule céphalique, engage le combat avec une larve de ténébrion.

À la détection d'une proie, les ouvrières minors, de taille réduite et plus véloces, initient le contact. Elles explorent la proie, la harcèlent et s'efforcent de la neutraliser. Face à une proie de taille importante ou particulièrement récalcitrante, un recrutement massif est déclenché. L'émission de phéromones d'alarme mobilise d'autres congénères, y compris les majors.

Les majors, dotés de mandibules hypertrophiées, sont déterminants pour la capture et le démembrement des proies volumineuses ou offrant une forte résistance ; leur intervention est souvent décisive.

Après neutralisation et démembrement, les fragments de la proie sont acheminés vers le nid afin d'alimenter la reine et le couvain. Cet apport protéique est essentiel au développement larvaire et à l'expansion de la colonie.

Cette ouvrière dans les airs ne lâche pas l'affaire !